On a « découvert » ma myopie quand j’avais sept ans. Un médecin vint à l’école pour nous examiner, comme on examine le bétail avant la fête du sacrifice. Nous sautillions, petits agneaux, excités à l’idée de déchiffrer les hiéroglyphes sur le tableau dressé au fond de la classe transformée ce jour là en bloc de visites médicales. Le géant blanc me mît sur un tabouret, et me demanda de regarder devant… Je n’arrivais pas à trouver de quel côté était l’ouverture des petits E renversés. Je ne voyais que des points noirs éparpillés.
Commença alors une nouvelle existence pour moi. Je voyais le monde désormais à travers les lunettes. Je me souviens de premiers moments (des premiers jours). Une terre convexe. Des murs qui se balancent. Des proches qui s’éloignent. Et cette impression angoissante et jouissive en même temps, que tout est plus petit qu’auparavant.
Commença aussi un nouveau rapport aux autres. J’étais devenu « le porteur de lunettes ». Cet être différent : Cyborg. Forcément intelligent ou studieux. Forcément timide. Forcément introverti et maladroit.
Les jours passèrent et la prothèse devint une partie de moi. Devint moi-même. Le geste de porter les lunettes à mes yeux au réveil. Ou celui de les ajuster sur mon nez. Ne sont maintenant que des réflexes naturels (naturalisés), comme manger ou cracher.
Il m’arrive cependant d’enlever mes lunettes parfois, et de regarder le monde autrement : peint à coups de pinceau plus vagues, plus mystiques. Des visages qui ressemblent plus à des crânes. Et des taches jaunes et blanches en guise de lumières de ville.
samedi 12 février 2011
vendredi 11 février 2011
#7
Les cris de victoire retentissent en Égypte et dans le monde. Réseaux d’informations qui se performent dans la rue en tant que « peuples » arrivent à faire basculer les systèmes politiques et policiers. Une nouvelle relation se crée. Ce n’est plus une idée de nation ou communauté religieuse, ni celle, plus scientifique et matérialiste, de classe. Mais, principalement, une circulation et propagation fulgurantes d’informations qui font effectuer des « peuples ». Ces nouveaux peuples qui n’appartiennent plus à la terre, mais naviguent déjà dans les flots des informations télé-communiquées. Peut-être que l’essence de la technique se montre dans ces éclairs de l’histoire et montre avec elle de nouvelles possibilité d’être les uns avec les autres. Peut-être qu’une nouvelle essence de ce que je suis se forme par bonds ou sauts. Peut-être…
Mon séjour change de site habituel. Mon habitude déménage. Je retrouve un monde pour ma langue nomade. Sur terre j’étais sommé d’être présent à l’indicatif. Je devais indiquer où je me tiens en disant, en osant dire : Je suis ! J’ai quitté la terre…
Les cris de révolution ne se présentent plus. Mais arrivent ! Mais tombent comme des milliers d’apocalypses. Des milliers de jugements derniers.
J’ai quitté la terre… Et le temps de dire moi, je suis déjà ailleurs. Projeté de lien en lien. Tissant texte sur texte. Je me livre à mon être, dévasté et retrouvé. A mon temps qui, désormais, ne cesse plus de venir comme un orage à l’horizon. Brandissant ses éclairs et envoyant ses brises annonciatrices.
J’ai quitté la terre… Je porte un masque comme les autres. Un masque qui devient visage. Je dessine sur lui parfois des grimaces : des traits schématiques : émoticônes ! Une langue que je croyais morte et disparue à jamais fait retour. Une langue sans voix. Consonantique et pleine de coins. (Arabe du coin : pléonasme ?). Politique. Ontologie. Topologie. Théologie. Économie. Tout est proie au déluge qui déloge l’être de sa cachette. Cela nous n’avons pu le faire même en le provoquant quand nous étions sur terre.
Mon séjour change de site habituel. Mon habitude déménage. Je retrouve un monde pour ma langue nomade. Sur terre j’étais sommé d’être présent à l’indicatif. Je devais indiquer où je me tiens en disant, en osant dire : Je suis ! J’ai quitté la terre…
Les cris de révolution ne se présentent plus. Mais arrivent ! Mais tombent comme des milliers d’apocalypses. Des milliers de jugements derniers.
J’ai quitté la terre… Et le temps de dire moi, je suis déjà ailleurs. Projeté de lien en lien. Tissant texte sur texte. Je me livre à mon être, dévasté et retrouvé. A mon temps qui, désormais, ne cesse plus de venir comme un orage à l’horizon. Brandissant ses éclairs et envoyant ses brises annonciatrices.
J’ai quitté la terre… Je porte un masque comme les autres. Un masque qui devient visage. Je dessine sur lui parfois des grimaces : des traits schématiques : émoticônes ! Une langue que je croyais morte et disparue à jamais fait retour. Une langue sans voix. Consonantique et pleine de coins. (Arabe du coin : pléonasme ?). Politique. Ontologie. Topologie. Théologie. Économie. Tout est proie au déluge qui déloge l’être de sa cachette. Cela nous n’avons pu le faire même en le provoquant quand nous étions sur terre.
lundi 7 février 2011
#6
J’ai pris l’habitude dernièrement de ne pas répondre aux numéros masqués : aux appels inconnus. Il faudra que ça change. Mais tant que je « suppose » plus ou moins qui m’appelle en cachant son numéro, je ne réponds pas. Cela fait plusieurs jours qu’une fille que je ne désire pas voir m’appelle et demande avec acharnement à être « mon amie » sur Facebook. Hier encore, le téléphone a sonné en affichant son appel (numéro masqué évidemment).
La nuit, lieu d’où l’on ne peut s’enfuir, elle m’est venue en rêve. Elle me demandait des explications (et je dois souvent rendre des comptes en rêve). J’ai perdu là toutes les raisons que j’ai dû avancer. A imaginer que la raison ne me vient qu’en rêve, je préfère penser qu’elle est ainsi suffisante.
Dans l’amalgame, je devais aussi sauver un petit voyou, et le réconcilier avec son entourage. Cela me tenait beaucoup à cœur apparemment. Même si le jeune homme était vivement entêté, et finissait souvent par « foutre en l’air » tout ce que j’essayais de construire. Cependant il m’était proche. D’une proximité étrange toutefois. On dirait mon écriture !
Ce voyou jouait, et jouissait, de m’obliger de répondre à sa place. De réduire toutes mes paroles à des excuses pour lui. Mais pendant que mes paroles sont là pour répondre ; lui, il est déjà ailleurs entrain d’aggraver la situation, ou de créer de nouveaux problèmes. Ma réponse vient toujours très en retard, et n’arrive jamais à boucler la boucle, et recevoir pleinement une seule excuse.
Quelle est donc cette distance qui nous sépare ? Mon petit voyou et moi avec mes demandes d’excuses pour lui et mes réponses à sa place ? Quelle distance sépare l’écriture et la confession ?
La nuit, lieu d’où l’on ne peut s’enfuir, elle m’est venue en rêve. Elle me demandait des explications (et je dois souvent rendre des comptes en rêve). J’ai perdu là toutes les raisons que j’ai dû avancer. A imaginer que la raison ne me vient qu’en rêve, je préfère penser qu’elle est ainsi suffisante.
Dans l’amalgame, je devais aussi sauver un petit voyou, et le réconcilier avec son entourage. Cela me tenait beaucoup à cœur apparemment. Même si le jeune homme était vivement entêté, et finissait souvent par « foutre en l’air » tout ce que j’essayais de construire. Cependant il m’était proche. D’une proximité étrange toutefois. On dirait mon écriture !
Ce voyou jouait, et jouissait, de m’obliger de répondre à sa place. De réduire toutes mes paroles à des excuses pour lui. Mais pendant que mes paroles sont là pour répondre ; lui, il est déjà ailleurs entrain d’aggraver la situation, ou de créer de nouveaux problèmes. Ma réponse vient toujours très en retard, et n’arrive jamais à boucler la boucle, et recevoir pleinement une seule excuse.
Quelle est donc cette distance qui nous sépare ? Mon petit voyou et moi avec mes demandes d’excuses pour lui et mes réponses à sa place ? Quelle distance sépare l’écriture et la confession ?
#5
Il y a temps !
Temps qui appelle : à la décision, à la résolution, à la résurrection, à la révolution. Des signes s’allument et font émerger les prémices d’un nouveau monde. Promesse pour mon être de changer encore. Et de renaître autrement dans un autre monde. Promesse d’une autre mort possible, d’un autre impossible.
Les souvenirs me viennent avec nouveaux visages. Me montrent des dents brillantes, pointues par moments, souriantes aussi. S’écartent souvent et font apparaitre des langues ancestrales qui ne signifient plus rien, mais lancent des youyous de joie et de fête. Des langues monstrueuses, terrifiantes, et amicales. Plus longues et tendues que tout phallus, excédant tout signifiant, et au-delà de toute matrice. Les langues impossibles ! Celles qui sentent la chair brûlée au feu du festin. Les langues disparaissent aussi soudainement qu’elles sont apparues derrières les dents qui se rejoignent pour sourire ou menacer. A cette distance je ne peux pas savoir. D’ailleurs, est-ce que ce sont vraiment des visages ? S’approchent-ils ou ils s’éloignent ? Se déplacent-ils déjà ? Sont-ils placés quelque part ? Où sont mes souvenirs ?
Qu’importe ! En fête comme en guerre, on se soucie moins de ce qu’on a ou ce qu’on reçoit, que de ce qu’on abandonne. Le butin n’est pas prise, c’est le prix de l’abandon de soi.
Temps qui appelle : à la décision, à la résolution, à la résurrection, à la révolution. Des signes s’allument et font émerger les prémices d’un nouveau monde. Promesse pour mon être de changer encore. Et de renaître autrement dans un autre monde. Promesse d’une autre mort possible, d’un autre impossible.
Les souvenirs me viennent avec nouveaux visages. Me montrent des dents brillantes, pointues par moments, souriantes aussi. S’écartent souvent et font apparaitre des langues ancestrales qui ne signifient plus rien, mais lancent des youyous de joie et de fête. Des langues monstrueuses, terrifiantes, et amicales. Plus longues et tendues que tout phallus, excédant tout signifiant, et au-delà de toute matrice. Les langues impossibles ! Celles qui sentent la chair brûlée au feu du festin. Les langues disparaissent aussi soudainement qu’elles sont apparues derrières les dents qui se rejoignent pour sourire ou menacer. A cette distance je ne peux pas savoir. D’ailleurs, est-ce que ce sont vraiment des visages ? S’approchent-ils ou ils s’éloignent ? Se déplacent-ils déjà ? Sont-ils placés quelque part ? Où sont mes souvenirs ?
Qu’importe ! En fête comme en guerre, on se soucie moins de ce qu’on a ou ce qu’on reçoit, que de ce qu’on abandonne. Le butin n’est pas prise, c’est le prix de l’abandon de soi.
mardi 25 janvier 2011
#4
(ce qui suit sont des notes écrites au réveil; livrées ici telles quelles. A l'état brut)
Il y a des rêves qui te donnent une sérénité inestimable !
Le rêve que j’ai fait cette nuit (ce matin), me le fait dire.
Première période ; (début du rêve) :
Je suis dans un état très dépressif, tendu, et très agressif. Dans le salon chez mes parents (le salon communément appelé « chambre des femmes »).A la télé on parle de Palestine. Je suis allongé. Dans la pièce il y a W et Z. Je suis très provocateur. Je prends position contre la Palestine. Une discussion tendue et polémique avec les deux. W s’approche de moi. Je me cache en me couchant sur mon ventre ou en enfonçant mon visage contre l'oreiller. Elle me dit qu’il faut que je m’explique sur mes opinions. Je me sens un peu coupable d’avoir irrité et provoqué les autres ainsi.
Deuxième période :
Dans une cuisine probablement, puisque s’étend devant moi un comptoir de céramique. Je trouve une bouteille de LeBeN (lait fermenté). Comme au Maroc le LeBeN arrive de la campagne directement, on le met dans des bouteilles de soda en plastique. Je le bois par gorgées successives. Entre Z. Je parle avec lui de Tarkovski et ses rapports aux cultures arabe et japonaise. Je lui raconte l’histoire d’un film où un artiste va au Japon ; je pense à Andrey Roublev.
Troisième période :
L me propose un voyage en voilier. Le jour du voyage, je cherche mes affaires. Je trouve le blouson dans le placard. C’est la chambre de mon enfance dans l’appartement du Maarif. Je ne trouve pas le bonnet par contre. Je sors en courant car je suis en retard. Dans le chemin, je croise A entrain de marcher et discuter avec quelqu’un d’autre. Il est revenu de son voyage. Mais je n’ai pas le temps. Je dois me dépêcher. Il fait nuit tout à coup, il pleut. Je cours dans les rues d’une ville nordique (Suède ou Finlande).
J’arrive au port avec D en même temps. Nous sommes pressés tous les deux. J’esquive les portes battantes avec elle. Elle me suit. On arrive enfin aux quais. Le voilier (bateau) n’est pas encore parti heureusement. On monte à bord. A' est là avec son père. Fêtant son anniversaire. D est déjà en maillot de bain. C’est le soleil de nouveau. Elle me prend dans ses bras et me dit combien elle est contente de passer une semaine avec moi.
Et je suis heureux !
p.s.: L. vient de me rappeler que leben signifie vie en Allemand
Il y a des rêves qui te donnent une sérénité inestimable !
Le rêve que j’ai fait cette nuit (ce matin), me le fait dire.
Première période ; (début du rêve) :
Je suis dans un état très dépressif, tendu, et très agressif. Dans le salon chez mes parents (le salon communément appelé « chambre des femmes »).A la télé on parle de Palestine. Je suis allongé. Dans la pièce il y a W et Z. Je suis très provocateur. Je prends position contre la Palestine. Une discussion tendue et polémique avec les deux. W s’approche de moi. Je me cache en me couchant sur mon ventre ou en enfonçant mon visage contre l'oreiller. Elle me dit qu’il faut que je m’explique sur mes opinions. Je me sens un peu coupable d’avoir irrité et provoqué les autres ainsi.
Deuxième période :
Dans une cuisine probablement, puisque s’étend devant moi un comptoir de céramique. Je trouve une bouteille de LeBeN (lait fermenté). Comme au Maroc le LeBeN arrive de la campagne directement, on le met dans des bouteilles de soda en plastique. Je le bois par gorgées successives. Entre Z. Je parle avec lui de Tarkovski et ses rapports aux cultures arabe et japonaise. Je lui raconte l’histoire d’un film où un artiste va au Japon ; je pense à Andrey Roublev.
Troisième période :
L me propose un voyage en voilier. Le jour du voyage, je cherche mes affaires. Je trouve le blouson dans le placard. C’est la chambre de mon enfance dans l’appartement du Maarif. Je ne trouve pas le bonnet par contre. Je sors en courant car je suis en retard. Dans le chemin, je croise A entrain de marcher et discuter avec quelqu’un d’autre. Il est revenu de son voyage. Mais je n’ai pas le temps. Je dois me dépêcher. Il fait nuit tout à coup, il pleut. Je cours dans les rues d’une ville nordique (Suède ou Finlande).
J’arrive au port avec D en même temps. Nous sommes pressés tous les deux. J’esquive les portes battantes avec elle. Elle me suit. On arrive enfin aux quais. Le voilier (bateau) n’est pas encore parti heureusement. On monte à bord. A' est là avec son père. Fêtant son anniversaire. D est déjà en maillot de bain. C’est le soleil de nouveau. Elle me prend dans ses bras et me dit combien elle est contente de passer une semaine avec moi.
Et je suis heureux !
p.s.: L. vient de me rappeler que leben signifie vie en Allemand
vendredi 14 janvier 2011
#3
Le pied ! Une exclamation de jouissance dans la langue qui m’a occupé depuis l’institution maternelle, celle qui n’est pas ma mère. Ou celle qui est ma deuxième mère. La seconde d’une seconde.
Une tension me rapporte au pied. A cette partie du corps qui marche et écrit (Ibn ‘Arabi disait qu’on parlait avec la main et qu’on écrivait avec le pied). Tension qui se performe dans le tact avant la vue. Au-delà ou en-deçà de toute interprétation psychologique, c’est l’effet du mot qui se heurte au bloc d’une autre langue et y laisse une fêlure qui ne cesse de se propager. Un coup de pied.
Psychologiquement, mon fétichisme le plus intime qui me lie à mon sexe, (Pied, RiJL, R.J.L., RaJeL, RaJouL (homme)) par une série de traductions de sens ou de sons. Par une série de trahisons et d’incestes. De traductions incestueuses. De rapports à mes mères feintes par le biais d’autres mères. Et ce mot devient géant, un monstre, une chose, un anneau m’entourant et me déversant ses charges électriques à la vue de chaque pied (grec ou égyptien, il est intéressant d’avoir lié à des civilisations, donc sédentaires, qui sont concernées par les mains plutôt, le genre de pied).
Mais passé le stade des sentiments, des pulsions inconscientes, des refoulements et des dénégations. Reste le mot, la chose, le monstre : Le pied ! Toujours à donner ses coups à la langue. Toujours à me donner la jouissance d’écrire de réécrire et de pendre la langue à la langue. Et une langue pendue ne parle pas, elle s’écrit à coups de pied.
Une tension me rapporte au pied. A cette partie du corps qui marche et écrit (Ibn ‘Arabi disait qu’on parlait avec la main et qu’on écrivait avec le pied). Tension qui se performe dans le tact avant la vue. Au-delà ou en-deçà de toute interprétation psychologique, c’est l’effet du mot qui se heurte au bloc d’une autre langue et y laisse une fêlure qui ne cesse de se propager. Un coup de pied.
Psychologiquement, mon fétichisme le plus intime qui me lie à mon sexe, (Pied, RiJL, R.J.L., RaJeL, RaJouL (homme)) par une série de traductions de sens ou de sons. Par une série de trahisons et d’incestes. De traductions incestueuses. De rapports à mes mères feintes par le biais d’autres mères. Et ce mot devient géant, un monstre, une chose, un anneau m’entourant et me déversant ses charges électriques à la vue de chaque pied (grec ou égyptien, il est intéressant d’avoir lié à des civilisations, donc sédentaires, qui sont concernées par les mains plutôt, le genre de pied).
Mais passé le stade des sentiments, des pulsions inconscientes, des refoulements et des dénégations. Reste le mot, la chose, le monstre : Le pied ! Toujours à donner ses coups à la langue. Toujours à me donner la jouissance d’écrire de réécrire et de pendre la langue à la langue. Et une langue pendue ne parle pas, elle s’écrit à coups de pied.
jeudi 6 janvier 2011
#2
(à Maurice Blanchot)
Il jouait dans la cour derrière la maison. Il vit une dinde suivie, dans un ordre militaire, par ses poussins. Le dernier poussin n’avait pas de plumes sur sa gorge. Il s’approcha de lui et le prît dans ses mains pour le caresser. La horde était là : son cousin, et ses deux cousines. L’une s’approche de lui et murmure : « Misère ! Tu as touché le poussin malade ! Tu vas mourir cette nuit ! »… Puis, avec une voix plus aigue et tranchante : « Un enfant avant toi avait touché ce poussin. Tu sais ce qui lui est arrivé ? Eh bien le soir ; à minuit, il a perdu sa chair. Elle tombait par terre alors qu’il criait de douleur jusqu’à ce que mort s’en est suivie…Et tu sais quoi ? Il va t’arriver la même chose ! » L’enfant, terrorisé, courut à la maison… Dans la cuisine, il trouva la grande cousine. « Celle-là ne peut pas me mentir ! » se dit-il. Alors il lui raconta ce qui est arrivé.
« Tu as touché le poussin sans plumes sur la gorge ! Malédiction ! Il a le cancer ! » Ce dernier mot sonnait dans sa tête comme un glas. Il attendit alors minuit en sanglots. Peut-être qu’il s’est endormi avant. Le lendemain, c’était déjà quelqu’un d’autre.
Il jouait dans la cour derrière la maison. Il vit une dinde suivie, dans un ordre militaire, par ses poussins. Le dernier poussin n’avait pas de plumes sur sa gorge. Il s’approcha de lui et le prît dans ses mains pour le caresser. La horde était là : son cousin, et ses deux cousines. L’une s’approche de lui et murmure : « Misère ! Tu as touché le poussin malade ! Tu vas mourir cette nuit ! »… Puis, avec une voix plus aigue et tranchante : « Un enfant avant toi avait touché ce poussin. Tu sais ce qui lui est arrivé ? Eh bien le soir ; à minuit, il a perdu sa chair. Elle tombait par terre alors qu’il criait de douleur jusqu’à ce que mort s’en est suivie…Et tu sais quoi ? Il va t’arriver la même chose ! » L’enfant, terrorisé, courut à la maison… Dans la cuisine, il trouva la grande cousine. « Celle-là ne peut pas me mentir ! » se dit-il. Alors il lui raconta ce qui est arrivé.
« Tu as touché le poussin sans plumes sur la gorge ! Malédiction ! Il a le cancer ! » Ce dernier mot sonnait dans sa tête comme un glas. Il attendit alors minuit en sanglots. Peut-être qu’il s’est endormi avant. Le lendemain, c’était déjà quelqu’un d’autre.
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